Respirez (au bureau), ça peut pas faire de mal !

Vous vous sentez stressé plus d’une fois par semaine ? Vous dormez mais ne retrouvez plus le sommeil ressourçant de votre enfance ? Vous ne comprenez pas pourquoi vous vous retrouver dans cette situation de stress chronique ?

Moi aussi. Moi aussi je dors mal, je me sens stressée sans réussir vraiment à identifier la cause de ce stress et je suis fatiguée de cette situation.

Je ressens le stress depuis plusieurs années, à une intensité variable et je le gère plus ou moins bien.

Loin d’avoir trouvé la recette miracle qui changera la vie des travailleurs, étudiants et aussi (surtout ?) de ceux qui ne travaillent pas, j’ai essayé différentes méthodes pour aborder avec zen les situations générant une forte charge mentale.

Lorsque mon corps vit une situation de stress, il reprend une attitude archaïque, il se rappelle d’anciens réflexes cachés au fin fond du cerveau reptilien. Il fuit, attaque ou s’immobilise. Mon corps (comme le vôtre) donne la priorité à ce qui assure sa survie. Mon rythme cardiaque et ma respiration s’accélèrent, mes sens sont en éveil. D’autres fonctions sont ralenties voire stoppées telles que la digestion ou le système de reproduction.

L’état de stress que vit physiquement notre organisme est donc particulièrement violent et affecte nos facultés mentales.

Comprenant l’impact sur mon corps de ce stress, qu’il soit lié à des situations personnelles compliquées voire traumatisantes, à des examens ou échéances universitaires ou à des pressions professionnelles complexes, il me fallait appréhender cette bête noire qui me rongeait le cerveau et la santé.

J’ai essayé différentes approches, je me suis dit de relativiser, de prendre du recul ou de lâcher-prise. Ces mots ne me parlaient pas. Il ne suffisait pas d’y penser pour que ce soit efficace.

En revanche, faire du sport régulièrement m’aidait à déconnecter et à me ressourcer. Pratiquer le yoga, la relaxation et la méditation me permettait de reprendre en main la situation et d’être véritablement zen. Je ne suis pas devenue une experte du grand écart ou de la lévitation mais au quotidien, je ressens la différence.

Savoir gérer son rythme respiratoire correspond selon moi à une étape cruciale, vous pouvez le travailler par la pratique que vous souhaitez. Car oui, il ne s’agit pas de s’entraîner une fois pour gagner un 100m. Pour la respiration, j’ai tendance à penser que c’est pareil. Si je m’entraîne régulièrement, j’habitue mes muscles et mon organisme à se calmer facilement et à garder un rythme bas.

Selon Anne-Charlotte Vuccino, fondatrice de Yogist[1], « votre respiration, c’est votre antistress tout terrain ».

Je vous entends déjà penser que c’est facile, quand on a le temps, de rester zen et d’avoir des moments pour souffler (c’est le cas de le dire). Je vous propose deux réponses.

Vous avez déjà en tête la première et vous vous y attendez : quand on veut, on peut. Prendre le temps de respirer 10 minutes par jour, faire du sport deux fois par semaine. Ajustez ces « temps pour soi » à votre ressenti. Personnellement, je préfère le pilates au yoga et la sophrologie à l’hypnose, mais en soit, aucune importance, à partir du moment où vous trouvez ce qui vous convient et vous détend.

Ma deuxième réponse présente une forme de challenge : créer des espaces et des moments de pause dans votre entreprise, votre école, le lieu où vous passez beaucoup (trop ?) de temps. Investissez ces espaces d’un lieu ou d’un temps réservé à la sieste, à la relaxation ou simplement à la déconnexion (une salle de lecture ?).

Un espace de sieste exige une salle et des tapis de yoga. Une séance de relaxation ou de yoga assis nécessite uniquement des chaises !

Si vous le pouvez, faîtes appel à un professionnel (des startups fleurissent dans ce domaine), sinon utilisez les ressources de vos équipes, les documents ou enregistrements gratuitement disponibles sur internet[2] … ou le silence (on n’a rien trouvé de mieux pour les salles de sieste !).

Même si vous avez très peu de moyens, proposer de dédier une pause déjeuner par semaine à une activité zen est un grand premier pas tant pour vous que pour vos collègues.

Après plusieurs mois de réflexion sur le sujet, j’ai proposé au sein de mon école[3] des ateliers de relaxation mensuels ouverts aux étudiants et au personnel. Un an plus tard, alternante au sein de la société Extia, j’ai fait la même proposition et obtenu une réponse favorable et enthousiaste.

Depuis plusieurs années et à travers différentes expériences, j’ai pu échanger sur le sujet du stress. Des personnes issues de formations différentes, travaillant à différents postes et dotées d’expériences diverses. Toutes avaient besoin de faire une pause, de prendre un moment pour respirer et surtout d’apprendre à respirer. Beaucoup d’entre elles avaient vécu des situations compliquées liées au stress : prise de poids, perte de sommeil, épuisement, ou simplement démoralisation. La pression nerveuse et physique liée au stress est néfaste (l’INRS le dit aussi ! Selon l’Institut National de Recherche ou de Sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles le stress chronique a « toujours des effets néfastes sur la santé »). Si une source de stress ponctuelle se présente elle est gérée par notre cerveau, soit nous nous adaptons, soit nous réagissons. Si la pression est quotidienne et continue, le stress devient chronique, il est usant pour l’organisme.

« L’atelier de relaxation m’aide à gérer le stress quotidien. J’avais besoin de prendre le temps de m’arrêter, de me détendre, d’apprendre des petites techniques de respiration … On continue ? » témoignage d’un salarié Extia

Personnellement, je ressens parfois du stress « positif » mais je dirais qu’il s’agit plutôt d’éléments imprévus qui exigent une réactivité et qui sont intellectuellement stimulants. Le stress quotidien m’épuise et tend à me déprimer, je ne me sens pas à la hauteur et ma perte de confiance en moi alimente ce sentiment d’incompétence.

Je continue à me plaindre, à exprimer ce qui me pèse, et il me semble que de l’exprimer me permet déjà de discerner ce sur quoi je peux agir et ce qui me dépasse. Certains sujets peuvent être traités avec mon équipe. Pour d’autres, il me faut travailler sur ma susceptibilité, mon adaptabilité ou ma gestion des priorités. Pouvoir partager ces « irritants » du quotidien c’est déjà commencer à les résoudre.

« S’il y a une solution, pourquoi s’en faire ? S’il n’y a pas de solution pourquoi s’en faire ? » Dalaï Lama

Instaurer des moments de « pause », des moments vraiment relaxants et déconnectés, c’est une manière de travailler sur soi, de prendre un moment pour souffler, même si c’est au travail. L’important c’est le premier pas.

Alors j’arrête de culpabiliser et de souffrir de situations stressantes, j’ose en parler et essayer d’impulser un changement pour mon environnement de travail. Je vous invite à faire de même, on sent la différence !

Christelle.

[1] http://yogist.fr/ Citation issue de l’atelier animée dans le cadre de L’échappée volée

[2] Par exemple : méditation guidée par Christophe André, https://www.youtube.com/watch?v=CUKI0Xlw9_c

[3] Sciences Po Lille

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